Résine des caillebotis PRV : orthophtalique, isophtalique ou vinylester

Trois familles de résine équipent les caillebotis PRV : orthophtalique, isophtalique et vinylester, par ordre croissant de résistance chimique. L’isophtalique est le standard des gammes moulées ; le vinylester est la seule à résister aux bases fortes, à l’acide nitrique concentré et au sulfurique à forte concentration. Le choix se fait toujours selon le couple concentration × température du milieu.

Les trois familles de résine

La résine assure la cohésion du composite, protège les fibres de verre et détermine la tenue chimique et thermique du caillebotis. Trois familles couvrent la quasi-totalité des besoins industriels.

  • Orthophtalique (OPR) : résistance chimique standard, adaptée aux milieux peu agressifs et aux applications structurelles courantes.
  • Isophtalique (IPR) : bonne résistance chimique, résine de référence des caillebotis moulés standard. Elle tient les acides dilués et de nombreux effluents industriels.
  • Vinylester (VER) : la plus performante. Seule famille à résister aux bases fortes, à l’acide nitrique concentré et au sulfurique à forte concentration. C’est le choix des environnements très corrosifs.

La hiérarchie est constante : OPR < IPR < VER. À performance chimique croissante correspond un coût croissant : on ne surdimensionne pas la résine sans raison, mais une résine sous-dimensionnée condamne l’ouvrage.

Tableau de résistance chimique

Le tableau ci-dessous reproduit le comportement des trois résines face aux milieux industriels les plus courants, d’après les données de fabricants de PRV. Chaque ligne porte sa concentration et sa température maximale propres.

MilieuConc.T° maxOPRIPRVER
Acide sulfurique25 %75 °Crésistantrésistantrésistant
Acide sulfurique75 %40 °Cnonnonrésistant
Acide chlorhydrique20 %60 °Crésistantrésistantrésistant
Acide nitrique5 %65 °Climitérésistantrésistant
Acide nitrique50 %45 °Cnonnonrésistant
Soude (NaOH)25 %90 °Cnonnonrésistant
Potasse (KOH)10 %65 °Cnonnonrésistant
Eau de mer, 80 °Crésistantrésistantrésistant
Essence, 30 °Crésistantrésistantrésistant
Acétone100 %, nonnonnon

Source : tables de résistance chimique de fabricants de PRV (résines OPR/IPR/VER). « limité » = résistant sous condition (attaque de surface possible), « non » = non recommandé. Extrait indicatif ; ces données n’engagent pas la responsabilité du fabricant et ne dispensent pas d’une étude propre au projet.

Lire un tableau : concentration et température

Une erreur fréquente consiste à raisonner « résine contre produit ». En réalité, le comportement dépend toujours du couple concentration × température. L’acide sulfurique illustre parfaitement ce point : l’orthophtalique le tient à 25 % et 75 °C, mais est non recommandé dès 50 %. Le même produit, deux concentrations, deux verdicts opposés.

Avant de spécifier une résine, il faut donc connaître non seulement l’agent chimique, mais sa concentration réelle et la température de service, y compris les pics lors des cycles de nettoyage.

Quelle résine pour quel milieu

  • Station d’épuration : effluents quasi neutres mais présence d’hydrogène sulfuré et d’hypochlorites de nettoyage → isophtalique en usage courant, vinylester si oxydants fréquents.
  • Industrie chimique : dépend entièrement du procédé. Bases fortes, nitrique ou sulfurique concentrés → vinylester impératif.
  • Agroalimentaire : cycles de nettoyage à la soude chaude et à l’acide nitrique → le vinylester est la seule résine tenant ce couple.
  • Milieu marin : eau de mer résistante pour les trois résines jusqu’à 80 °C ; l’isophtalique suffit généralement.

Un doute sur la résine adaptée à votre procédé ? Indiquez l’environnement chimique dans le calculateur de portée, ou faites étudier votre cas avec l’agent, la concentration et la température réels.

Comportement au feu

Les résines standard sont auto-extinguibles. Selon les gammes et les résines, certains caillebotis PRV atteignent des classements au feu normés, par exemple M1 (NF P 92-501) ou B1 (DIN 4102-1). Le classement exact dépend du produit et figure sur la fiche technique du fabricant ; il ne doit jamais être présumé. Comment lire un classement au feu, et pourquoi il ne se convertit pas d’un référentiel à l’autre, sont détaillés dans notre page sur le comportement au feu des caillebotis PRV.

Questions fréquentes

Quelle différence entre orthophtalique et isophtalique ?

Les deux sont des polyesters. L’isophtalique offre une meilleure résistance chimique et thermique que l’orthophtalique, pour un surcoût modéré. C’est la raison pour laquelle elle est retenue comme résine standard des caillebotis moulés.

Le vinylester est-il toujours le meilleur choix ?

Il est le plus résistant chimiquement, mais aussi le plus coûteux. Le spécifier sur un milieu neutre ou faiblement agressif est un surcoût inutile. On le réserve aux bases fortes, acides concentrés et oxydants.

Une résine « caillebotis résine » générique existe-t-elle ?

Non. Parler de « caillebotis résine » sans préciser la famille (ortho, iso ou vinylester) n’a pas de sens pour un dimensionnement : c’est justement la famille qui détermine la tenue au milieu.

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Sources et méthodologie

Résistance chimique : tables de résistance chimique de fabricants de PRV (résines OPR/IPR/VER). Classements au feu : essais selon NF P 92-501, DIN 4102-1 et EN 13501-1. Aucune valeur n’est estimée. Voir notre méthodologie. Dernière mise à jour : juillet 2026.

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